« Les professionnels de santé se portent mal. Les TMS qu'ils subissent sont beaucoup plus importants que dans d'autres secteurs professionnels. Certains arrêtent leur métier. La santé des patients dépend de nos personnels de santé. Or c'est un sujet peu documenté », déplore Philippe Denormandie, délégué général de la Fondation Nehs* lors d'une table ronde à SantExpo sur la prévention des risques professionnels à l'hôpital.Selon un sondage paru le 17 mai (voir notre brève ici), les raisons de s'inquiéter sont nombreuses. Sont recensés des troubles du sommeil, du stress, des burn out, des addictions. Les professions les plus impactées par ces dernières sont les aides-soignantes (tabac) et les médecins (alcool). L'automédication avec des drogues dures comme les opiacés touche en particulier les anesthésistes. Autre constat qui vient accroître les violences vécues, la stigmatisation : ainsi, les personnels de nuit sont montrés du doigt par ceux qui exercent en journée. Enfin, « les professionnels de santé sont plus exposés à des grossesses à risque. Et surtout l'acceptabilité de leur état, en particulier chez les femmes médecins, est un vrai sujet », commente Philippe Denormandie.
Coordonnier mal chaussé
Comment expliquer ce bilan accablant ? La Dr Elena Rodriguez, secrétaire générale, ANMTEPH, évoque le phénomène du coordonnier mal chaussé : « Prendre soin d'eux ne fait pas partie de leur culture, encore moins dans le secteur de la santé au travail. » Le secteur de la médecine du travail dont elle est la représentante se trouve dans un double paradoxe : alors qu'elle manque de moyens, ses missions sont de plus en plus nombreuses. D'où une restriction des visites obligatoires. Quant à Sophie Barre, DRH du CH de Béziers, elle souligne la nécessité pour prévenir les risques de les identifier au préalable : « Les femmes enceintes à l'hôpital restent invisibles car elles arrêtent avant leur quatrième mois. »
Blouses de grossesse
Son établissement a d'ailleurs mis en place un plan d'actions égalité hommes/femmes. Concrètement, des blouses de grossesse ont été achetées, des places de parking dédiées ont été créées, des postes aménagés ont été mis en place. Et surtout, d'après tous les intervenants de cette table ronde, il faut agir avec tous les acteurs et toutes les initiatives locales dans le sens de la qualité de vie au travail.
* Actionnaire de Décision & Stratégie Santé
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