Certains rapprochements étonnent. Tinder, Parcoursup et les unités d’essais précoces en oncologie partagent un même mode de fonctionnement, le recours à la technique de l’appariement, du matching. Un ouvrage collectif entend en démonter les principes. La médecine est une des disciplines les plus impliquées dans ce phénomène. La distribution de greffons disponibles, la participation à un essai clinique exige le recours à cette technique. Faut-il le regretter ? Dans le champ de la santé, le recours au matching ne soulève pas de polémique. Il répond à des spécificités non observées ailleurs. En pratique le patient délègue à un son oncologue référent sa volonté d’être inclus dans un essai de phase 1, comme l’a observé le sociologue Sylvain Besle, titulaire d’une chaire de recherche de l’Institut national du cancer. Le processus d’appariement est loin d’être simple. Et prend du temps. Or la concurrence est féroce entre les unités de phase précoce. Elle se joue sur un plan international. L’inclusion est loin d’être automatique. Elle échoue dans 40 à 60 % des cas. Or déjà complexe, le processus d’appariement devrait le devenir plus encore avec le développement de la médecine génomique. En revanche avec le recours à l’intelligence artificielle, les procédures dans un avenir proche devraient s’automatiser. En tout état de cause, matching et médecine ont un destin lié.
Comment ça matche, une sociologie de l’appariement, sous la direction de Melchior Simioni et Philippe Steiner, SciencePo, Les Presses, 397 pages, 2022, 26 euros.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention