De nouvelles données en faveur de la sécurité des traitements hormonaux de la ménopause (THM) ont été rapportées dans une étude danoise publiée dans The British Medical Journal. « Leur utilisation a progressivement diminué au cours des deux dernières décennies, principalement en raison de préoccupations liées à la sécurité, et les données concrètes concernant leur effet sur la mortalité font défaut, rapportent les auteurs. Nos résultats concordent avec les recommandations préconisant un traitement hormonal pour les femmes qui viennent d'entrer en ménopause, présentent des symptômes modérés à sévères et qui ne présentent aucune contre-indication. Le THM n'est pas associé à un risque accru de décès ».
Ces derniers mois, la controverse dont les THM font l’objet depuis deux décennies a été de nouveau le sujet de débats. Outre-Atlantique, un panel d’experts de la Food and Drug Administration a notamment appelé à retirer les avertissements de sécurité figurant sur les boîtes de THM, en priorité pour les traitements locaux. Peu avant néanmoins, une étude prospective publiée dans The Lancet avait mis en avant une légère augmentation du risque de cancer du sein chez les moins de 55 ans. Dans cette nouvelle étude, les résultats des Danois « se rapprochent fortement de ceux de Manson et al. ayant évalué la mortalité toutes causes d’après les données des essais de la Women’s Health Initiative ».
En France, où seules 2,5 % des femmes reçoivent un THM et alors que les experts défendent un « THM à la française », une actualisation des recommandations de prise en charge de la ménopause devrait être rendue au premier trimestre 2027 par la Haute Autorité de santé.
Pas d’augmentation du risque de décès même après dix ans de traitement
Les chercheurs ont mené une analyse sur les registres nationaux danois pour suivre les femmes nées entre 1950 et 1977 et encore en vie à l’âge de 45 ans. Le suivi a débuté le jour du 45e anniversaire des participantes et s’est terminé le 31 juillet 2023, soit une durée médiane de suivi de 14,3 ans. Les femmes ayant des antécédents de thromboses vasculaires, de maladie hépatique, de cancer du sein, de l'utérus ou des ovaires, celles ayant déjà suivi un traitement hormonal substitutif ou ayant eu une ovariectomie bilatérale ont été exclues.
Sur les 876 805 femmes incluses dans l'analyse principale, 11,9 % ont utilisé une ordonnance pour un THM et 5,4 % d’entre elles sont décédées. En moyenne, le THM a duré 1,7 an et 41 433 femmes (4,7 %) l’ont utilisé pendant moins d'un an et 7 337 femmes (0,8 %) pendant dix ans ou plus. Si cela représentait 54,9 décès pour 10 000 personnes-années (PA) chez les femmes exposées au THM contre 35,5/10 000 Pa chez les non-exposées après ajustement, les auteurs rapportent l’absence de différence significative en termes de risque de mortalité (HR = 0,96). De plus, aucune différence n’a été constatée entre les groupes concernant les causes spécifiques de décès, bien que les décès par cancer soient légèrement plus élevés dans le groupe THM (HR = 0,98-1,04 selon la durée d’exposition au THM). De plus, les auteurs n’ont observé aucune augmentation du risque de décès en fonction de la durée d’exposition, même au-delà de dix ans d’utilisation (HR = 0,89-1,01).
Des signaux de réduction de la mortalité
Si l’étude montre l’absence de différence significative entre les deux groupes, elle pointe tout de même du doigt une réduction du risque de décès dans un sous-groupe de patientes ayant eu une ovariectomie bilatérale entre leur 45 et 54 ans et pris un THM. Ils estiment que la mortalité était réduite d’environ 27 à 34 % par rapport aux femmes ayant subi l’ovariectomie sans prendre de THM. Une diminution de la mortalité est aussi retrouvée pour les décès d’origine cardiovasculaire lorsqu’un THM est pris durant moins de cinq ans.
De même, les femmes utilisant des THM d’administration cutanée avaient un risque significativement plus faible de décès (HR = 0,85) que celles n’ayant jamais pris de THM, tout comme celles ayant commencé le THM à 52 ans ou plus, ou ayant pris un THM à base d’œstrogènes en monothérapie ou des progestatifs cycliques.
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