Si les arrêts cardiaques durant les courses d’endurance restent rares, ils se caractérisent par des taux élevés de survie, une forte proportion de cas inexpliqués et une incidence plus élevée chez les hommes. Des chercheurs français ont mené une étude à partir du registre du Centre d'expertise sur les morts subites de Paris afin de caractériser ces événements. Ils mettent ainsi en évidence une « accélération spécifique aux hommes dans le dernier kilomètre » comme élément pouvant suggérer « des facteurs physiologiques et comportementaux influençant le risque d'arrêt cardiaque ».
« La popularité grandissante des courses d’endurance souligne le besoin de mieux comprendre les risques d’arrêt cardiaque associé au sport », ont contextualisé les auteurs de cette étude parue dans EP Europace, une revue de l’European Society of Cardiology.
Des arrêts 15 fois plus fréquents dans le dernier kilomètre
Les chercheurs ont analysé le registre du Centre d'expertise sur les morts subites de Paris et se sont penchés sur les cas d’arrêt cardiaque survenus durant des semi-marathons, des marathons et des courses de 20 km organisés à Paris sur une période allant de 2011 à 2024, et excluant l’année 2020.
Sur 1,2 million de participants au total sur la période, les auteurs ont identifié 17 cas d’arrêt cardiaque (dont sept durant un 20 km, cinq durant un semi-marathon et cinq durant un marathon). Sur l’ensemble des cas (âge moyen de 42 ans), 88 % concernaient des hommes, soit une incidence de 16,9 cas pour 1 000 000 chez les hommes versus 5,7 pour 1 000 000 chez les femmes. Dans 47,1 % des cas, aucune cause n’était identifiée, « soulignant la nature idiopathique de ces arrêts cardiaques associés au sport ». Après hospitalisation, 88 % des patients survivaient, « tous avec un excellent pronostic neurologique ». D’après les auteurs, « l’implémentation d’une unité médicale d’urgence dans ces événements était associée à l’excellente survie ».
Les auteurs ont également constaté que les arrêts cardiaques survenaient plus souvent lors du dernier kilomètre (15,2 fois plus qu’aux autres étapes de la course), notamment dans les courses les plus courtes, et que ce dernier kilomètre était lui-même associé à une augmentation de la vitesse des participants. En effet, d’après les données des semi-marathons, 87 % des participants accéléraient à la fin de la course, et plus particulièrement sur le dernier kilomètre. Les hommes étaient deux fois plus sujets que les femmes à des accélérations de plus de 2 km/h ; le fait d’être plus âgé ou de ne pas être un coureur expérimenté était également associé à une accélération prononcée.
Bien que les comportements puissent jouer un rôle, les auteurs suggèrent également que des différences physiologiques entre les hommes et les femmes puissent expliquer la plus grande prévalence des arrêts cardiaques chez les hommes (taille du cœur, sensibilité aux facteurs arythmogènes, physiopathologie des événements cardiaques, remodelage cardiaque consécutif aux entraînements…).
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