La Haute autorité de santé (HAS) va élaborer des documents d'information sur la plagiocéphalie, a-t-elle indiqué lundi. "La HAS inscrit à son programme de travail l'élaboration de deux documents portant sur la prévention des risques de plagiocéphalie chez le nourrisson : une fiche mémo destinée aux professionnels de santé (et) un document d'information destiné au public", écrit-elle dans une décision datée du 28 juin. Cette décision est motivée par "une augmentation de la fréquence d'asymétrie crânienne, également nommée plagiocéphalie" observée "depuis la mise en œuvre des recommandations de couchage sur le dos pour prévenir la mort subite du nourrisson".
La HAS, qui relève "l'absence de travaux français" sur cette question de l'aplatissement du crâne chez les bébés lié à leur couchage sur le dos, a été saisie par Le Lien, une association de défense des patients, en vertu d'une procédure de "droit d'alerte" introduite par la loi Santé de 2016. Cette association juge que la plagiocéphalie est une question de "santé publique" qui, au-delà des considérations esthétiques, peut provoquer chez les enfants scolioses ou déformations de la mâchoire.
Depuis une vingtaine d'années, les autorités de santé recommandent de coucher les nourrissons sur le dos pour éviter les risques de mort par étouffement. "Il existe d'autres solutions, comme alterner le sommeil un jour côté droit, un jour côté gauche", a déclaré la vice présidente du Lien, Claude Rambaud, au Parisien/Aujourd'hui en France. À l’inverse, l’Association nationale des centres référents sur la mort inattendue du nourrisson (Ancremin) s'alarme depuis plusieurs semaines du fait que les craintes liées aux plagiocéphalies puissent remettre en cause le couchage sur le dos.
"Le couchage sur le côté est un facteur de risque reconnu pour le nourrisson" et "augmente singulièrement le risque de mort inattendue par basculement puis étouffement", avait estimé l'Ancremin dans un communiqué mi-juillet. Selon cette association de professionnels de santé, la plagiocéphalie est due "avant tout au fait que le bébé soit empêché de varier ses postures et ne soit pas libre de sa motricité", notamment s'il est installé pour de longues durées dans des sièges normalement destinés au transport en voiture.
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