« Il y a près de 40 ans, il a été décidé de restreindre le nombre de médecins formés, dans une logique comptable terrible : moins il y aura de médecins, moins il y aura de dépenses de santé. De plus, la logique hospitalière menée depuis plus de quinze ans a été caractérisée par les restrictions budgétaires et le néomanagement qui sont en grande partie à l'origine du quasi-effondrement de l'hôpital public. » Ce constat accablant est dressé par un collectif de 670 médecins de l'AP-HP dans une tribune-lettre adressée à Emmanuel Macron. La faute à l'obsession comptable et au tout bureaucratique, accusent les médecins renforcés par la mise en place de la nouvelle AP-HP mise en place en 2019 créant ainsi « des mastodontes ingouvernables » (passage de 128 pôles à 76 départements médico-universitaires et de 12 groupes hospitaliers à 6 groupes hospitalo-universitaires). « Les managers présents dans toutes les strates inutiles multiplient tracasseries, réunions, rapports sans intérêt [....] Cette culture du chiffre, du blabla et des process sape le moral des hospitaliers les plus impliqués dans leur vocation, celle de soigner. Elle éloigne les soignants des malades et les pousse à quitter l'hôpital. Est-il normal de consacrer dans nos structures 30 % de personnels administratifs de plus qu'en Allemagne ? » Et d'accuser la loi HPST de 2009 dont les mécanismes étaient en action bien avant la pandémie. Toutefois, reconnaissent les médecins, un effort récent a été réalisé par l'exécutif, aussi bien par des mesures financières que législatives. L'exemple de la pandémie l'a montré selon eux, pendant laquelle les médecins et les soignants ont pris les rênes de l'hôpital, en harmonie avec les administratifs. Quelles sont alors les solutions ? « Il serait bon de rétablir une organisation simplifiée autour des fondamentaux que sont le service, l'hôpital et l'université », plaident les médecins. Cela passe par le respect de l'autonomie professionnelle, un management participatif associant les soignants. Et par la réduction au strict nécessaire de l'administration et de la réglementation. En complément de cette mesure, l'attractivité pour la recherche doit être rehaussée afin d'attirer les jeunes médecins. Retrouver la confiance en l'hôpital n'est pas un vain mot, c'est une priorité selon les signataires.
Tribune pour l'hôpital
670 médecins de l'AP-HP adressent une lettre au président de la République
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Publié le 09/12/2021
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Source : lequotidiendumedecin.fr
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