3 questions au Pr Jean-Yves Le Heuzey, past-president de la Société française de cardiologie.
L’importance des anticoagulants est loin de convaincre tous les patients souffrant d’une FA…
Pr Jean-Yves Le Heuzey : Un sixième des AVC surviennent chez des patients qui présentent une FA. Des essais randomisés ont prouvé que le risque d’AVC ischémique diminue grâce aux anticoagulants. Cela a été prouvé il y a vingt ans avec les AVK, puis il y a une dizaine d’années avec les AOD. La grande majorité des médecins le savent, et prescrivent ces médicaments… que malheureusement beaucoup de patients arrêtent. L’étude de la Cnam confirme ce que nous savions.
Quelle est la principale raison d’arrêt de ce traitement ?
Pr J.-Y. Le Heuzey : Les patients ont peur du saignement. Trop souvent suite à une ecchymose, une gingivorragie, une hémorroïde qui saigne… les malades stoppent leur anticoagulant. Il est vraiment dommage qu’un petit saignement sans danger engendre l’arrêt du traitement, ce qui augmente de manière majeure le risque embolique !
Que doit faire le médecin pour éviter cette mauvaise observance ?
Pr J.-Y. Le Heuzey : Il doit commencer par rassurer le patient en l’avertissant des possibilités d’hémorragies mineures. Comme pour beaucoup de traitements, et surtout quand ils sont donnés à titre préventif, le médecin doit expliquer l’importance du rapport bénéfice/risque.
Propos recueillis par le Dr N.E.
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