Le suicide médicalement assisté ne passe pas du tout auprès de l’Eglise catholique française. Après l’avis de la "Conférence citoyenne" appelant à sa légalisation et alors que la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé la semaine dernière une concertation gouvernementale pour préparer une réforme de la loi Leonetti, deux prélats ont manifesté leur inquiétude sur ce terrain, à l’occasion de Noël.
Mgr Philippe Barbarin, cardinal archevêque de Lyon et Primat des Gaules, a ainsi mis en garde mercredi sur Europe 1 sur les conséquences d'une éventuelle nouvelle loi sur la fin de vie, affirmant que "ni la République, ni l'Etat, ni le corps médical n'est propriétaire de la vie humaine". Rappelant qu'il avait "frôlé la mort: infarctus, triple pontage", Mgr Barbarin a estimé qu'on avait "pris admirablement soin" de lui. "On fait très attention à ce que nous souffrions le moins possible. J'ai une reconnaissance énorme pour le monde médical. Je trouve qu'on doit donner un très grand respect à chaque vie humaine et d'une manière toute particulière à ceux qui souffrent", a-t-il dit.
Evoquant la loi Leonetti de 2005, le cardinal archevêque a rappelé qu'elle avait été adoptée "à l'unanimité du Parlement français", ce qui lui avait "beaucoup plu". Cette loi, selon lui, était "pleine de clarté". C'était "il n'y a pas longtemps, 6 ou 7 ans", a-t-il dit. "Si on veut changer une loi alors qu'elle a 8 ans, non mais c'est quoi, une loi ? C'est la loi sur l'euthanasie ou l'euthanasie de la loi ?"
Mgr Barbarin : Loi sur l'euthanasie ou... par Europe1fr
L’Eglise inquiète aussi d’une éventuelle modification de la loi sur l’IVG
Auparavant, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, s’était interrogé dans un message diffusé à la veille de Noël : "on peut se demander si notre société ne cherche pas ailleurs la solution aux questions de ce temps et tout particulièrement dans un individualisme multiforme et trompeur, symptôme d'une modernité sans âme". Le président de la CEF et archevêque de Marseille évoquait ainsi "les personnes en fin de vie qui ont davantage besoin d'entendre la société soutenir auprès d'elles une présence chaleureuse, compétente et sans faille que d'être invitées à chercher dans la mort l'issue d'une vie qu'elles ressentent trop dure". Il s'étonnait "qu'on en vienne à organiser et légaliser l'acte du suicide qui est un acte de désespoir. Ne peut-on réveiller et soutenir ce qu'il y a de meilleur : la capacité des médecins à soulager la douleur, la présence généreuse et aimante des familles et du personnel médical ?"
Autre souci de Mgr Pontier, suite au rapport sur l’IVG remis à Marisol Touraine : "ce projet de modification de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse qui, loin de permettre aux femmes en détresse d'être laissées moins seules devant leur responsabilité face à la vie naissante, sont quasiment incitées à ne se poser aucune question quant à l'élimination de l'être qu'elles portent en leur chair".
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