Les patients hospitalisés avec des duplicatas dans leur dossier médical électronique (DME) ont un moins bon pronostic, des soins fragmentés et sont admis plus longtemps. C’est la conclusion d’une étude menée au sein de 12 hôpitaux américains. Ces patients sont ainsi cinq fois plus à risque de décès et trois fois plus de soins intensifs.
La prévalence de dossiers électroniques dupliqués, lorsqu’un patient se voit assigner des numéros multiples de dossier médical, est estimée entre 5 et 10 %. Cela entraîne des écarts d’information pour les professionnels de santé mais aussi une redondance d’examens médicaux et une hausse des coûts.
L’étude observationnelle, publiée dans le BMJ Quality & Safety, a comparé 1 689 patients de moins de 90 ans avec des DME dupliqués à 4 388 autres patients. Les scientifiques ont étudié l’association entre la présence de dossiers médicaux dupliqués et le pronostic du patient : durée de séjour hospitalier, réadmission à 30 jours, consultation aux urgences à 30 jours, évènements demandant une réponse rapide, niveau de soins intensifs, mortalité intrahospitalière.
Retards de soins et décisions inadaptées
Les patients avec des DME dupliqués avaient une probabilité plus élevée de mauvais pronostic. La mortalité intrahospitalière était de 11 % chez les patients avec des doublons contre 2,5 % pour les autres (odds ratio OR = 4,7). Ils étaient 1,3 fois plus à risque d’être réadmis à 30 jours et 3,5 fois plus à risque de nécessiter des soins intensifs (46 % contre 19 %). Quant à leur durée moyenne d’hospitalisation, elle était de 101 heures, 32 % plus élevée que les patients sans doublons (74 heures).
Les chercheurs suggèrent que la duplication pourrait empêcher les professionnels de santé d'accéder à des informations essentielles (allergies, antécédents médicaux), qui pourraient influencer le type de traitement dispensé. « Une autre hypothèse se rapporte à l'efficacité : la présence de dossiers en double peut contribuer à retarder les soins ou à générer des décisions médicales inexactes, car les équipes doivent rechercher des informations peu accessibles, consacrer des efforts supplémentaires à naviguer entre plusieurs dossiers ou négliger par inadvertance des détails importants », ajoutent-ils.
Ces résultats mettent en évidence le lien entre les doublons dans les dossiers médicaux et les conséquences négatives pour les patients, « soulignant la nécessité de mener des recherches [plus approfondies] ainsi que des interventions ciblées afin d'améliorer l'intégrité des données, renforcer la sécurité des patients et éclairer les changements de politique en matière de gestion des informations de santé », concluent-ils.
Des rappels dans le dossier médical électronique facilitent la déprescription
Lorsque les médecins reçoivent des rappels automatisés dans les dossiers électroniques de leurs patients âgés concernant la déprescription, ils sont plus à même de le faire. C’est ce qui ressort d’une étude américaine, publiée dans le Jama, comparant deux types d’intervention par rapport à aucun rappel pour des patients de plus de 65 ans.
La première intervention, nommée precommitment consistait en l’envoi de notifications incitant les médecins à discuter de déprescription avec leurs patients à la première visite puis de déprescrire à la suivante. Dans la seconde intervention, nommée boostering, les notifications encourageaient la déprescription dès la première consultation et étaient suivies d’un rappel aux médecins par courrier électronique sous quatre semaines. Parmi les 1 146 patients, 32,5 % (373) ont eu une déprescription d’au moins une molécule : 145 (36,8 %) dans le groupe precommitment, 122 (34,3 %) dans le groupe boostering et 106 (26,8 %) dans le groupe soins standards. Autrement dit, la probabilité de déprescription était 40 % plus élevée avec precommitment (+10,4% en valeur absolue) et 26 % plus avec boostering (+6,5%).
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