La réaction d’hypersensibilité immédiate à un produit de contraste est de gravité variable. Elle peut être allergique (cela est d’autant plus probable que la réaction est plus grave) ou non. Lorsqu’elle est de nature allergique, la réaction est déclenchée par la présence d’IgE spécifiques anti-produit de contraste, situées à la surface des basophiles et des mastocytes.
« La réaction d’hypersensibilité allergique peut survenir à la première injection (33 % des cas) ou à la énième injection de produit de contraste, prévient le Pr Olivier Clément (HEGP, AP-HP). Après une injection intravasculaire, la moitié des réactions surviennent dans les cinq premières minutes, voire dans la minute. Dans de rares cas, jusqu’à 30 à 40 minutes après. »
Aucun bilan prédictif ne doit être réalisé
Une allergie à un produit de contraste est diagnostiquée par une élévation des concentrations plasmatiques des marqueurs (histamine et tryptase) durant la première heure qui suit la réaction et par des tests cutanés intradermiques (les prick tests ne marchent pas) réalisés entre six semaines et six mois après la réaction.
Si le bilan allergologique a confirmé la responsabilité du produit de contraste injecté et a permis d’identifier d’autres produits de contraste positifs en tests cutanés, ils doivent être contre-indiqués. Le patient doit en connaître les noms. Aucune prémédication ne sera indiquée. La seule prévention d’une réaction allergique est la non-introduction de l’allergène.
Si, au contraire, l’hypersensibilité immédiate est non allergique, il faudra préférer des produits hypo-osmolaires, avec une prémédication par anti-H1.
« Aucune exploration concernant les produits de contraste iodés ou gadolinés ne doit être faite en l’absence de réaction lors d’un examen injecté : même si le patient est asthmatique, allergique aux poissons, crustacés ou acariens, pollens, ou aux médicaments (autres que les produits de contraste), y compris à la povidone iodée. Le seul facteur de risque significatif est la réaction antérieure à un produit de contraste », insiste le Pr Clément.
« L’allergie à l’iode n’existe pas ! L’allergie aux poissons est liée à la parvalbumine, celle aux crustacés et mollusques à la tropomyosine. L’allergie aux produits de la mer n’est donc pas une contre-indication à l’injection d’un produit de contraste iodé, rappelle le Pr Clément. Avant l’examen, il ne faut pas demander au patient s’il est “allergique” ou s’il supporte l’iode, mais s’il a déjà eu un examen avec injection, et si celui-ci s’est bien déroulé ! »
Avant l’examen, il faut juste demander au patient s’il a déjà eu un examen avec injection et si celui-ci s’est bien déroulé
Pr Olivier Clément
Incontournable adrénaline
La classification de Ring et Messmer permet de classifier les réactions allergiques de type immédiat, de la moins grave à la plus grave.
Au grade 1 (signes cutanéomuqueux), l’adrénaline n’est pas indiquée. Un anti-H1 sera administré per os en cas de prurit, et un corticoïde per os en cas d’angiœdème. « Au grade 2, l’atteinte multiviscérale est modérée. En cas d’hypotension, un remplissage vasculaire associé à l’adrénaline 0,01 mg/mL IVD (bolus itératifs en titration) : ses actions sont multiples et à cette dose, il n’y a aucune contre-indication », rappelle la Dr Myriame Bazine (HEGP, AP-HP).
Les grades 3 et 4 sont des urgences thérapeutiques. « Au grade 3, outre le remplissage vasculaire, l’adrénaline IVD 0,1 mg/mL est à renouveler toutes les 1 à 2 minutes », précise la spécialiste. Au grade 4, appel à l’aide et massage cardiaque externe s’imposent, avec ventilation manuelle FiO2 100 %, remplissage vasculaire (30 ml/kg) et adrénaline IV 1 mg à renouveler toutes les 1 à 2 minutes, en portant à 5 mg à partir de la 3e dose.
Session « Réactions allergiques aux produits de contraste »
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