Tezspire (tézépélumab) est désormais indiqué chez l’adulte en traitement additionnel aux corticostéroïdes par voie nasale pour le traitement de la polypose naso-sinusienne sévère lorsqu’un traitement par corticostéroïdes systémiques et/ou une chirurgie ne permettent pas un contrôle satisfaisant de la maladie. L’anticorps monoclonal était jusque-là autorisé dans l’asthme sévère chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans, en complément du traitement de fond habituel.
Cette nouvelle indication repose sur les résultats de l’étude de phase 3 Waypoint, évaluant l’efficacité et la tolérance du tézépélumab (qui inhibe l’action de la TSLP, cytokine clé de l’inflammation) chez les patients adultes atteints de polypose naso-sinusienne sévère.
Les patients (n = 408) ont reçu du tézépélumab ou un placebo, administré par injection sous-cutanée, en plus d'un traitement par corticostéroïdes intranasal. Les critères primaires d’efficacité à 52 semaines étaient la variation par rapport à l’inclusion de la taille totale des polypes nasaux, mesurée par un score endoscopique (Nasal Polyp Score) et la variation par rapport à l’inclusion du score bihebdomadaire de congestion nasale, mesurée par le score rapporté par les patients (Nasal Congestion Score). Les critères secondaires incluaient la variation du score de perte d’odorat, la variation du score total d’impact des symptômes sur la qualité de vie et le délai de décision de chirurgie et/ou d’utilisation de corticostéroïdes systémiques pour la polypose naso-sinusienne.
Amélioration rapide dès quatre semaines
Les résultats montrent que le tézépélumab améliore significativement la congestion nasale et réduit le volume des polypes nasaux. De plus, une amélioration durable de l’odorat a été montrée ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie.
« Le score Snot-22, initialement très élevé chez les patients au démarrage de l’étude, recule de 27,44 points sous traitement. L’effet est significatif et rapide dès les premières semaines suivant le début du traitement, ce qui est très important pour les patients », explique le Pr Olivier Malard (chef de service ORL et chirurgie de la face et du cou au CHU de Nantes).
« L’étude montre également une diminution importante de la première décision de recours à la chirurgie et aux corticoïdes oraux », ajoute la Pr Cécile Rumeau (chef de service ORL et chirurgie cervico-faciale au CHRU de Nancy-Hôpitaux de Brabois). Quant à la tolérance, elle est comparable à celle dans l’asthme sévère, avec une absence d’effet indésirable notable.
Conférence de presse AstraZeneca
Moins de corticoïdes dans l’asthme
Le tézépélumab en injection mensuelle réduit la corticothérapie orale dans l’asthme sévère non contrôlé, selon les résultats de l’étude de phase 3 Wayfinder publiés le 27 novembre. Près de 90 % des patients auparavant traités par corticostéroïdes oraux (prednisone ou prednisolone 5 à 40 mg/jour) étaient équilibrés avec une dose inférieure ou égale à 5 mg par jour à 52 semaines de traitement par tézépélumab. Ces résultats obtenus chez 298 participants sont à confirmer, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un essai ouvert à un seul bras.
D. Jackson et al., The Lancet Respiratory Medicine, 2025.
DOI : 10.1016/S2213-2600(25)00359-5
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