Le bénéfice/risque des analogues du GLP-1 (aGLP-1) indiqués dans le diabète et l’obésité reste favorable dans le cadre d’un usage conforme aux recommandations, selon le rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur la période 2023-2025. Mais il existe des nuances. Au-delà des effets indésirables déjà connus, en particulier gastro-intestinaux, l’agence confirme un surrisque d’interactions médicamenteuses, de carences, de cancers de la thyroïde et de neuropathies optiques ischémiques antérieures non artéritiques. De surcroît, elle signale l’augmentation des déclarations d’effets indésirables graves dans le cadre de mésusages.
L’enquête a porté, du 1er août 2023 au 31 janvier 2025, sur Trulicity (dulaglutide), Victoza (liraglutide), Xultophy (liraglutide) et Ozempic (sémaglutide) dans le traitement du diabète ; et sur Saxenda (liraglutide), Wegovy (sémaglutide) à partir de septembre 2024 et Mounjaro (tirzépatide) à partir de novembre 2024 dans le traitement de seconde intention de l’obésité. Le rapport comptabilise environ 870 000 patients utilisant des aGLP-1 actuellement remboursés en France dans le traitement du diabète.
Un risque élevé de carences à confirmer et surveiller
Durant la période étudiée, 376 cas graves ont été déclarés. Parmi eux, 140 concernaient l’utilisation d’aGLP-1 pour traiter l’obésité, avec dix-neuf décès rapportés, sans qu’un lien direct ait pu être établi avec ces médicaments.
L’agence relève que la plupart des cas d’effets indésirables concernent des effets déjà connus, à type gastro-intestinaux : nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, et pour les cas graves, des gastroparésies (12 cas) ou des pneumopathies d’inhalation (4 cas).
Toutefois, les données de pharmacovigilance ont révélé d’autres signaux d’effets indésirables moins documentés. L’ANSM pointe ainsi du doigt un risque plus élevé de cancer de la thyroïde (4 cas), de neuropathies optiques ischémiques antérieures non artéritiques (10 cas) et d’interactions médicamenteuses (4 cas avec le Lévothyrox, des antiparkinsoniens, le rivaroxaban et le désogestrel).
L’agence suspecte également un signal potentiel de risque élevé de carences nutritionnelles (fer, vitamines B12, C, D…) (15 cas, dont 6 graves) liées à une perte de poids rapide, ainsi que de masse musculaire. « Ce signal potentiel fait l’objet d’une surveillance renforcée », indique-t-elle, ajoutant que « le risque de carences nutritionnelles doit être partagé avec les sociétés savantes de nutrition et les centres spécialisés dans l’obésité (CSO), afin d’établir des recommandations et limiter ce risque ».
Enfin, le rapport relève de rares cas d’exposition pendant la grossesse, sans mettre en évidence des risques pour la mère ou la santé du bébé à ce stade. Néanmoins, au vu du manque de données, l’agence rappelle que l’utilisation des aGLP-1 pendant la grossesse n’est à ce jour pas recommandée.
Un décès possiblement dû au mésusage
L’enquête souligne également une augmentation des déclarations d’effets indésirables graves dans le cadre de mésusages (utilisation intentionnelle et inappropriée, par exemple à des fins esthétiques pour perdre du poids), notamment avec des médicaments obtenus hors du circuit médical. Sont recensés 36 cas d’effets indésirables liés à un mésusage pour perdre du poids, dont 25 cas graves (vomissements sévères, coma hypoglycémique, pancréatites aiguës), et un décès conséquent à une pancréatite dans un contexte de mésusage pour perte de poids, qui n’est pas encore relié au médicament.
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